lundi 18 avril 2011

Hot fuzz

Suite des aventures de la paire Simon Pegg / Nick Frost, sorte de Laurel et Hardy modernes, sur Christoblog.

Après Shaun of the dead (film culte comme on peut encore le vérifier dans Scream 4 qui en montre quelques extraits) et avant le réussi Paul, Hot Fuzz est une parodie de film policier.

Un des meilleurs policeman londonien est exilé dans un village de la campagne anglaise dans laquelle il va faire respecter la loi avec la même rigueur que dans la capitale, y compris sur des sujets mineurs, comme l'évasion ... d'une oie. Une série de meurtre abominable vont pourtant se dérouler dans ce village tranquille, dont on découvrira les auteurs (et leur mobile débile) dans la deuxième partie du film.

C'est plein de trouvailles agréables, comme ce combat improbable dans un village miniature, et le film regorge de rebondissements étonnants. Je lui reproche d'abuser lors du retour dans le village de scènes d'action un peu trop pam-boom-tactactac, qui ne sont pas du tout second degré et détonnent par rapport à l'ensemble du film, mais qui visent peut-être à montrer que le duo a acquis des moyens financiers qu'il n'avait pas lors de leur premier film.

Un divertissement agréable que je mettrais en tête sur mon podium, avant Paul (dans lequel Nick Frost a cependant son plus beau rôle) et Shaun of the dead.

3/5 

Tomboy

Laure a 10 ans. Arrivée dans un nouveau quartier, un quiproquo la fait passer pour un garçon : elle joue le jeu. La confusion des genres dure tout l'été, jusqu'au jour où...

Ce deuxième film de Céline Sciamma (Naissance des pieuvres)  est merveilleux. Il accumule les bienfaits pour l'oeil et l'esprit : beau jeu des jeunes acteurs/actrices et des parents (Mathieu Demy parfait), scénario tendu comme la course d'une flèche, très belle photographie, délicate et précise (le film a été tourné avec le fameux appareil photo Canon 7D).

Mais c'est la mise en scène qu'il faut ici surtout saluer. Il y a dans ce film la même qualité que dans Lady Chatterley : c'est ce que je me disais pendant tout le film, avant de voir la réalisatrice remercier Pascale Ferran dans le générique de fin. Le parti pris est de filmer les enfants à leur hauteur, et les parents sont presque toujours hors champ. Cela donne un ton inimitable au film, à la fois très intérieur et très sensuel. La deuxième particularité de Tomboy est de tirer un profit maximal d'un décor a priori quelconque : un immeuble lambda d'Ile de France. Sous les caresses de la caméra de Céline Sciamma, la forêt devient un lieu de danger, un pont et ses rambardes rouges semble sortir d'un film d'Imamura, une baignade dans un plan d'eau devient un combat initiatique...

Mouvements fluides et cadres au cordeau, la réalisatrice ne nous donne pas seulement une leçon de beau cinéma, elle nous offre une oeuvre dans laquelle tous ses choix font sens, et servent admirablement le propos.

Tomboy, c'est un thriller psychologique d'1h20 qu'on suit en apesanteur, ravi et anxieux à la fois. Pour moi le meilleur film français de l'année.
 
Sortie le 20 avril

5/5